Il retrace par fragments une vie, celle de Paul. Cette vie, parfois c’est la bonne, parfois une farce, parfois une allégorie, parfois rien mais toujours contrainte. Paul est, tour a tour représenté par une veste ou incarné, un personnage fardeau dont les comédien·ne·s se chargent ou fuient tandis que le reste, le monde, les autres, s’occupent de sa vie pour lui.
Paul, c’est un enfant que l’on prive de ses jeux, de son imaginaire, de sa fantaisie, de ses « caprices ». C’est un adolescent qui accepte de se plier aux règles et conduites qu’on lui impose. C’est un adulte qui ne se pose plus de questions et un vieillard qui se les pose enfin, accompagnées de ses remords.
GENÈSE
Notre envie première était de parler du milieu du travail et de l’univers des open space. De l’aliénation, de l’obéissance et de l’usure mentale que cela engendre.
Nous voulions exploiter les outils du théâtre laboratoire (création à partir d’improvisations) que nous a apporté la formation du théâtre Le Hangar à Toulouse.
Les textes de Witold Gombrowicz (Bakaikai et L’Histoire) et Toute une vie d’Andreja Zelinka nous ont servi de matière première pour l’improvisation.
Les sujets du fantasme, de la solitude et de l’enfance face à l’autorité sont par la suite venus naturellement.
Nous avions l’envie de proposer une écriture de plateau. Cela passe par enregistrer, enregistrer chaque proposition, puis monter, faire des collages, rassembler pour enfin mettre en perspective.
PROCESSUS
Méthode de travail : Création de plateau
Paul avait des caprices est un spectacle hybride, né de plusieurs résidences de théâtre laboratoire. Inspiré de l’univers marionnettique et dansé de Kantor, les scènes oscillent entre pantomime, absurde, danse théâtre, montage de texte et réécriture.
C’est tout un univers esthétique qui se déploie, où les scènes/tableaux se fondent les unes avec les autres dans un enchaînement dadaesque.
Forme : montage
Le spectacle se dilate sous la forme d’un montage ; des tableaux vivants où l’on voit défiler des personnages grotesques qui se dessinent dans un monde à la fois comique, ridicule et glaçant.
Ainsi, comme un triptyque de Jérôme Bosch, le spectacle donne à voir une multitude de focales : du point de vue général au plus petit détail, tout fait sens.
Ce montage permet de suggérer une unité de lieu pour chaque acte sans unité de temps. S’offrir la possibilité poétique de jouer avec les rythmes, que ce soit à l’intérieur des scènes comme dans l’enchaînement de celles-ci.
L’EQUIPE
Robin Le Moigne – ComédienJulien David – Metteur en scèneGuillaume Barraband – ComédienAdèle Marini – Comédienne